Houdan se reconnaît de loin à son donjon : une tour massive de 25 mètres, flanquée de quatre tourelles, élevée au début du XIIIe siècle par Amaury de Montfort et classée monument historique dès 1889. Autour, le bourg a conservé son plan ancien et une part réelle de son bâti : selon l’INSEE (2023), 12,1 % des résidences principales datent d’avant 1919. Rue de Paris, Grande Rue, place du Marché, les maisons à pans de bois du XVe siècle — l’hôtel du Lys, la maison de bois, celles du 8 place du Marché et du 28 Grande Rue, toutes inscrites aux monuments historiques — voisinent avec la brique et le calcaire des maisons de bourg du XIXe. L’église Saint-Jacques-et-Saint-Christophe, gothique et Renaissance, est classée depuis 1840.
Sur ce bâti, la règle est celle de tous les centres anciens : pans de bois, torchis, moellon calcaire et brique veulent des matériaux perspirants — chaux, badigeons — et refusent les enduits ciment et les peintures filmogènes posés dans les décennies 1960-1980. Mais Houdan a une particularité : 52,8 % de ses logements sont des appartements. Beaucoup de maisons anciennes du bourg ont été divisées, et de petits collectifs se sont ajoutés ; la façade s’y décide souvent en copropriété, à quelques voix.
Le contraste est à la périphérie. Houdan est l’une des communes les plus jeunes de notre zone : 22,0 % des résidences principales ont été construites entre 2006 et 2020, et 16,6 % entre 1991 et 2005. Ces quartiers récents, vers la gare et sur les coteaux, n’ont pas encore de pathologies lourdes — mais leurs enduits arrivent à l’âge du premier nettoyage, du premier faïençage sur les faces ouest, des premières traces sous les appuis. Entre le bourg du donjon et les lotissements de 2010, un façadier doit savoir changer de siècle en traversant la rue.
Ce que l’histoire a laissé sur les murs
Houdan fut un comté des seigneurs de Montfort dès le Xe siècle, et son donjon, bâti par Amaury III au début du XIIIe, est le seul vestige d’un château dont la cour polygonale a disparu. Ville d’étape sur la route de Paris à la Normandie et à la Bretagne, elle passa aux Clermont-Nesle, aux Luxembourg, aux ducs de Bretagne, fut disputée par les Anglais, puis entra dans le domaine royal avec Louis XII et Anne de Bretagne. De cette longue histoire de passage datent les maisons à pans de bois de la fin du XVe siècle et le plan serré du bourg.
Le XIXe siècle apporta la brique des maisons de bourg, la gare sur la ligne de Paris à Dreux, et le marché aux volailles qui donna son nom à une race de poules. Le XXe siècle fut d’abord discret — moins d’un logement sur cinq date des années 1946-1970 — avant que l’aire d’attraction de Paris ne transforme Houdan, depuis les années 1990, en commune résidentielle à forte croissance : près de quatre logements sur dix ont moins de trente-cinq ans.