Lexique de la façade

Comprendre les mots de votre façade

Ravalement, hydrofuge, faïençage, remontées capillaires… Voici, en clair, la définition des termes que vous croiserez sur votre devis ou pendant votre chantier.

ABF (Architecte des Bâtiments de France)

Architecte de l’État qui rend un avis sur les travaux situés aux abords des monuments historiques — teintes, matériaux, finitions. Son avis s’impose dans la plupart des centres anciens de l’Eure : mieux vaut l’intégrer au projet dès le devis.

Armature fibre de verre

Trame noyée dans l’enduit pour renforcer la façade et prévenir la réapparition des fissures.

Badigeon

Finition traditionnelle à base de chaux aérienne et de pigments, appliquée en voiles successifs. Il colore la façade tout en la laissant respirer, et se patine avec le temps au lieu de s’écailler.

Carbonatation

Vieillissement naturel du béton : le CO₂ de l’air neutralise peu à peu l’alcalinité qui protégeait les armatures. Quand le front de carbonatation atteint les aciers, ils rouillent, gonflent et font éclater le béton — la pathologie type des immeubles des années 1960-1980.

Chaux aérienne (CL)

Chaux qui durcit lentement au contact de l’air, très souple et très perspirante. C’est le liant des badigeons et des enduits de finition sur supports anciens tendres.

Chaux hydraulique naturelle (NHL)

Chaux qui fait sa prise avec l’eau (NHL 2, 3.5 ou 5 selon la résistance). Plus résistante que la chaux aérienne tout en restant respirante, c’est le liant de référence des corps d’enduit et des rejointoiements sur bâti ancien.

Covisibilité

Situation où un bâtiment est visible depuis un monument historique, ou en même temps que lui. Elle déclenche l’avis conforme de l’ABF sur les travaux de façade, même à plusieurs centaines de mètres du monument.

Déclaration préalable (DP)

Autorisation d’urbanisme exigée dès qu’un ravalement modifie l’aspect extérieur : teinte, finition ou matériau. Instruction d’environ un mois en mairie, un de plus si l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France est requis.

Démoussage

Élimination des mousses, algues et lichens sur une façade ou une toiture, suivie d’un traitement anti-mousse préventif.

DTU

Documents Techniques Unifiés : les règles de l’art qui encadrent la bonne exécution des travaux de façade.

Effet perlant

Phénomène où l’eau forme des perles et glisse sur la surface traitée, emportant les salissures (façade qui reste propre plus longtemps).

Efflorescences

Dépôts blanchâtres de sels minéraux cristallisés en surface d’un mur, transportés par l’humidité puis laissés là par l’évaporation. Elles signalent une circulation d’eau dans le mur : on traite la cause avant de nettoyer la trace.

Enduit

Revêtement appliqué sur un mur pour le protéger des intempéries et lui donner son aspect (couleur, grain). Il peut être minéral, organique ou à la chaux.

Enduit à la chaux

Enduit minéral traditionnel, respirant, particulièrement adapté au bâti ancien et aux murs en pierre.

Enduit gratté

Finition texturée obtenue en grattant l’enduit en surface. Aspect mat et intemporel, qui masque bien les petites irrégularités.

Enduit monocouche

Enduit industriel appliqué en une passe, généralisé sur les pavillons des années 1970-1990. Économique et efficace neuf, il vieillit par farinage et faïençage — la matière première des ravalements d’aujourd’hui.

Enduit ribbé

Finition à sillons verticaux réalisés à la truelle, qui structure la façade et accentue la hauteur.

Enduit taloché

Finition lissée à la taloche, au grain fin et régulier, pour un rendu contemporain et épuré.

Épaufrure

Éclat de béton laissant souvent apparaître l’armature rouillée, en nez de balcon ou en rive de dalle. Elle se traite par purge, passivation de l’acier puis reconstitution au mortier de réparation — jamais par simple rebouchage cosmétique.

Faïençage

Réseau de microfissures superficielles en surface de l’enduit, semblable à des craquelures. Souvent esthétique, mais à surveiller.

Farinage

Poudre blanche qui reste sur la main quand on frotte la façade : le liant de surface de l’enduit ou de la peinture est dégradé par les UV et la pluie. Premier signal qu’un ravalement léger est à programmer, avant que le support ne s’abîme.

Fissure structurelle

Fissure profonde et évolutive qui peut affecter la structure du bâtiment. Elle nécessite un diagnostic et un traitement adapté.

Garantie décennale

Assurance obligatoire qui couvre, pendant 10 ans, les dommages compromettant la solidité ou l’usage de l’ouvrage.

Grison

Pierre ferrugineuse du sud de l’Eure et du Pays d’Ouche, reconnaissable à sa teinte rouille et à sa surface caverneuse. Très dur mais posé en blocs irréguliers, il exige des joints à la chaux et proscrit ciment et nettoyage agressif : un matériau que peu de façadiers savent traiter.

Hérisson ventilé

Couche de cailloux drainante et ventilée posée sous un sol de rez-de-chaussée en rénovation lourde. Il permet au bâti ancien d’évacuer son humidité par le bas au lieu de la faire remonter dans les murs.

Hydrofuge

Traitement qui rend la façade déperlante : l’eau perle en surface au lieu de pénétrer, sans empêcher le mur de respirer.

Imperméabilisant (RSE)

Revêtement semi-épais d’imperméabilisation qui protège la façade de la pluie battante et masque le faïençage et les microfissures.

Imperméabilisation I1 à I4

Famille de systèmes souples qui pontent les fissures d’une façade, classés selon leur capacité (I1 pour les microfissures, jusqu’à I4 avec armature toilée). La référence pour les enduits monocouches faïencés des années 1970-1990.

Meulière

Pierre siliceuse caverneuse, emblème du Mantois et de l’ouest francilien. Poreuse et vivante, elle ne se peint jamais : elle se nettoie en douceur, se rejointoie au mortier adapté et se protège par hydrofuge incolore.

Microporeux (respirant)

Se dit d’un produit qui laisse s’évacuer la vapeur d’eau du mur : essentiel pour ne pas emprisonner l’humidité, surtout sur bâti ancien.

Pan de bois (colombage)

Ossature de bois apparente dont les vides sont remplis de torchis ou de maçonnerie légère. Emblème du bâti normand, il impose des finitions respirantes : toute humidité piégée contre les bois de structure les fait pourrir.

Perspirance

Capacité d’un mur ou d’un revêtement à laisser migrer la vapeur d’eau vers l’extérieur. C’est la propriété qui maintient un mur ancien sain : un revêtement non perspirant y piège l’humidité et crée les désordres qu’il prétendait éviter.

Pignon

Mur latéral d’une maison, souvent le plus exposé au vent et à la pluie, et donc à l’humidité.

Pontage de fissure

Technique de réparation souple qui recouvre et « ponte » la fissure pour éviter sa réapparition, souvent avec une armature.

Ravalement

Remise en état complète d’une façade : nettoyage, réparation, enduit ou peinture et protection. Il redonne son aspect à la façade tout en la protégeant.

Rejointoiement

Reprise des joints d’un mur en pierre ou en brique pour le protéger de l’eau et lui rendre son aspect.

Remontées capillaires

Humidité du sol qui remonte dans les murs par capillarité, provoquant taches, salpêtre et dégradation du bas de façade.

RPE

Revêtement plastique épais : finition organique talochée ou ribbée qui masque les défauts de planéité et protège durablement les enduits de pavillons. À réserver aux supports récents — jamais sur un mur ancien qui doit respirer.

Sablière

Poutre horizontale d’une façade à pans de bois, posée en pied de mur (sablière basse) ou en tête. C’est la pièce la plus exposée à l’humidité : son état se vérifie par sondage avant tout ravalement d’une maison ancienne.

Salpêtre

Dépôt blanchâtre et poudreux qui apparaît sur les murs humides. Signe d’un problème d’humidité à traiter.

Silex

Pierre dure et vitreuse des maçonneries rurales normandes, posée en moellons ou en appareillage avec la brique. Le silex lui-même est inaltérable ; tout se joue dans ses joints, à refaire à la chaux quand ils se creusent.

Soubassement

Partie basse de la façade, en contact avec le sol, particulièrement exposée à l’humidité et aux chocs.

Torchis

Mélange traditionnel de terre et de fibres végétales garnissant les pans de bois normands. Perspirant et souple, il se dégrade dès qu’on l’enferme sous un enduit ciment : il se répare au torchis ou à l’enduit terre-chaux, jamais avec des matériaux étanches.

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