Pacy-sur-Eure est une ville de propriétaires : selon l’INSEE (2023), 69,7 % des logements sont des maisons individuelles et plus d’un foyer sur deux occupe la sienne. Ce n’est pas un hasard — la commune s’est développée précisément parce qu’elle offre la maison avec jardin à vingt minutes de l’A13, pour des actifs qui travaillent à Paris ou dans l’ouest francilien et rentrent chaque soir dans la vallée de l’Eure.
Ce développement a son revers, très visible pour un façadier : les lotissements qui ont accueilli ces générations de navetteurs datent majoritairement des années 1970 à 1990. Leurs enduits monocouches et crépis projetés ont aujourd’hui trente à cinquante ans — l’âge exact où le liant de surface s’épuise. Sur le plateau qui domine le bourg, les mêmes désordres reviennent de rue en rue : farinage au passage de la main, faïençage en toile d’araignée, teintes d’origine passées, mousses sur les faces nord. Rien de grave pris à temps ; un cycle de dégradation coûteux si on l’ignore dix ans de plus.
Le bourg lui-même raconte une autre histoire : autour de l’église Saint-Aubin et de la rue Édouard-Isambard, maisons de ville en brique, anciennes devantures, murs enduits à l’ancienne — un tissu du XIXe et d’avant-guerre qui appelle des matériaux plus respirants que le tout-venant du neuf. Et en s’éloignant vers Saint-Aquilin et les franges rurales, on retrouve longères et corps de ferme de la vallée, avec leurs pieds de murs sensibles à l’humidité de la rivière.
Trois bâtis, donc — mais un centre de gravité clair : à Pacy, le cœur du métier est le pavillon des décennies 1970-1990, et son propriétaire occupant qui veut un travail soigné, expliqué, et fait pendant qu’il est au bureau.
Ce que l’histoire a laissé sur les murs
Bourg-pont de la vallée de l’Eure, Pacy s’est construit autour de sa rivière, de son église Saint-Aubin et de l’axe Paris-Évreux — l’actuelle N13 — qui a toujours fait vivre la rue principale. Le tissu ancien en garde la trace : maisons de bourg alignées, brique et enduits, quelques belles façades du XIXe.
La vraie mutation date des années 1970 : l’autoroute A13 met Paris à portée de trajet quotidien, et Pacy devient une commune résidentielle. Les lotissements gagnent le plateau par vagues successives — parpaing et enduit monocouche des années 1970-1980, crépis projetés et tuiles mécaniques des années 1990. En 1965, la commune voisine de Saint-Aquilin-de-Pacy est rattachée à Pacy, ajoutant au parc un versant plus rural, longères comprises. Résultat : une ville jeune par son parc, ancienne par son cœur — et un calendrier de ravalements qui arrive à échéance maintenant.