Pathologie de façade · Eure (27)
Cloquage de façade : des bulles sous la peinture ou l’enduit
Le cloquage est une bulle qui soulève la peinture ou l’enduit : de l’humidité ou des sels poussent de l’intérieur du mur, et le revêtement, trop étanche, ne les laisse pas sortir. On traite d’abord l’eau, ensuite la finition.
Photo d’illustration Ce que vous voyez
- Bulles de quelques millimètres à plusieurs centimètres qui soulèvent la peinture ou la peau de l’enduit
- Cloques qui éclatent et laissent une tache poudreuse ou blanchâtre
- Désordre concentré en bas de mur, sous une fenêtre ou autour d’un point d’entrée d’eau
Les causes probables
- Humidité qui remonte du sol ou entre par un défaut et ne peut pas s’évaporer à travers un revêtement étanche
- Sels (salpêtre) qui cristallisent sous la finition et la décollent
- Peinture ou enduit appliqué sur un support encore humide, ou sur une ancienne couche mal adhérente
Supports concernés : peinture de façade filmogène, enduit ciment sur mur ancien, enduit monocouche en pied de mur.
À quoi ressemble le cloquage ?
Des bulles apparaissent sous la peinture ou sous la fine peau de l’enduit, comme si l’air ou l’eau poussaient de l’intérieur. Elles vont de la taille d’une lentille à celle d’une main. Certaines restent fermées et sonnent creux sous le doigt ; d’autres éclatent et laissent un cratère au fond poudreux, parfois tapissé de cristaux blancs. Le cloquage se concentre presque toujours à un endroit précis : une bande en bas du mur, le dessous d’un appui de fenêtre, le pourtour d’une descente d’eau pluviale, l’angle d’un pignon exposé.
C’est cette localisation qui renseigne le plus : une cloque n’est jamais un hasard, elle marque l’endroit par où l’eau arrive.
D’où vient le cloquage ?
Le mécanisme est toujours le même : de l’humidité circule dans le mur, veut s’évaporer par la façade, et rencontre un revêtement qui ne la laisse pas passer. La pression de vapeur, ou la cristallisation des sels dissous dans l’eau, soulève la couche de finition.
- Les remontées capillaires dans un mur ancien en moellons, brique ou colombage : l’eau du sol monte, s’évapore à hauteur d’homme, et fait cloquer la peinture ou l’enduit ciment qu’on a posé par-dessus. C’est la première cause dans les centres-bourgs et les longères de l’Eure.
- Une infiltration ponctuelle par une fissure, un joint ou un appui, prise derrière une peinture étanche.
- Une application sur support humide ou sale : le revêtement n’a jamais vraiment adhéré et l’humidité normale du mur suffit à le décoller.
Le cloquage est donc moins un défaut de peinture qu’un signal : le mur essaie de respirer et n’y arrive pas.
Est-ce grave ?
Modérément. Le cloquage ne menace pas la solidité du mur, mais il signale une humidité active qui, si elle vient du sol, dégrade aussi l’intérieur et les enduits. Il se traite bien quand on s’occupe de la cause ; il revient à coup sûr quand on se contente de repeindre.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Repeindre par-dessus avec une peinture classique, même « spéciale façade » : la cause intacte, le cloquage revient en une ou deux saisons.
- Appliquer un enduit ciment ou un revêtement étanche sur un mur ancien qui cloque : on aggrave le piège à humidité.
- Reboucher les cloques éclatées au mastic ou à l’enduit de rebouchage : la zone ressortira plus large.
- Chauffer le mur au décapeur thermique pour « sécher » : inefficace et dangereux pour le support.
Ce que nous faisons
Nous cherchons l’eau avant de regarder la peinture. Une mesure d’humidité à plusieurs hauteurs distingue une remontée du sol d’une infiltration ponctuelle ou d’un simple défaut d’application. Si l’eau monte du sol, on traite les remontées capillaires et on laisse le mur sécher, plusieurs semaines parfois, avant toute finition perspirante. Si elle entre par un point précis, on répare ce point, on reprend la zone et on la protège par une imperméabilisation adaptée. Si le mur est sain et que seule l’ancienne couche était mal appliquée, on décape jusqu’au support et on repasse une peinture de façade microporeuse, qui laisse sortir la vapeur d’eau.
Dans tous les cas, la finition vient en dernier. C’est ce qui la fait durer.
Dans l’Eure
Le cloquage est le compagnon des murs anciens repeints trop vite. Dans les centres d’Évreux, de Vernon, de Louviers, de Bernay ou de Pont-Audemer, beaucoup de façades en moellons ou en brique ont reçu dans les années 1980-2000 un enduit ciment puis une peinture acrylique : le mur, posé sur un sol humide de vallée, n’a plus jamais pu respirer, et les cloques en pied de mur racontent cette histoire. Sur le pavillonnaire récent, le cloquage est plus rare et presque toujours lié à une fuite localisée : un appui de fenêtre fissuré, une gouttière qui déborde côté pluie dominante. Le sol argileux des plateaux, qui retient l’eau l’hiver, accentue le phénomène sur les maisons sans drainage.
Euréa Façades est une entreprise familiale de ravalement et de nettoyage de façade basée à Angerville-la-Campagne, aux portes d’Évreux (Eure). Ce qui est décrit ici est la cause la plus probable : elle se confirme sur place, jamais sur photo.
Questions fréquentes
Cloquage : vos questions
Pourquoi les cloques reviennent-elles après avoir repeint ?
Parce que la cause n’a pas été traitée : l’eau ou les sels continuent de pousser derrière la nouvelle couche. Tant que le mur est alimenté en humidité et recouvert d’un film étanche, le cloquage se reforme. Il faut d’abord assécher ou laisser respirer, ensuite seulement finir.
Le cloquage peut-il venir de la pluie ?
Oui, quand l’eau entre par une fissure, un appui de fenêtre ou un joint, puis reste prisonnière derrière une peinture étanche. Le cloquage se concentre alors autour du point d’entrée. Mais le cas le plus fréquent reste l’humidité qui monte du sol dans les murs anciens.
Faut-il percer les cloques ?
Non, cela n’apporte rien. On gratte les zones décollées jusqu’au support sain au moment des travaux, après avoir traité la cause et laissé le mur sécher. Percer une cloque sans traiter l’eau ne fait qu’ouvrir une porte de plus.
Autres désordres
Votre façade montre autre chose ?
- Gravité élevée Décollement d’enduit Plaques d’enduit qui sonnent creux quand on les tapote, puis se soulèvent ou tombent
- Gravité élevée Enduit qui s’effrite Du sable ou des grains tombent quand on frotte l’enduit avec la main ou une brosse
- Gravité modérée Faïençage Fines craquelures qui dessinent un quadrillage ou des mailles, visibles surtout de près ou après la pluie
- Gravité faible Farinage La main passée sur le mur ressort poudrée de blanc ou de la couleur de la façade
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