Pathologie de façade · Eure (27)
Joints dégradés : la brique ou la pierre dont le mortier se creuse
Des joints dégradés sont des joints de mortier qui se creusent, s’effritent ou se fissurent entre les briques ou les pierres : ils laissent l’eau entrer dans le mur et se reprennent par un rejointoiement au mortier adapté, à la chaux sur le bâti ancien.
Photo d’illustration Ce que vous voyez
- Joints en retrait de plusieurs millimètres par rapport aux briques ou aux pierres
- Mortier qui s’effrite sous l’ongle, sable qui tombe au pied du mur
- Joints fissurés ou qui se détachent en morceaux, parfois avec des mousses dans les creux
Les causes probables
- Vieillissement normal d’un mortier de chaux ancien, lessivé par un siècle de pluie
- Joint ciment trop dur posé sur une brique ou une pierre tendre, qui éclate le matériau autour
- Gel de l’eau prise dans les joints, végétation, ruissellement concentré
Supports concernés : brique normande, silex et calcaire appareillés, pierre de taille, grison, moellons.
À quoi ressemblent des joints dégradés ?
Regardez un mur de brique ou de pierre en lumière rasante : les joints sains affleurent presque le parement, les joints dégradés se creusent en retrait, parfois de un à deux centimètres. Passez l’ongle dedans : si le mortier s’effrite en sable, il a perdu sa cohésion. Au pied du mur, une fine couche de sable ou de poussière de chaux raconte la même histoire. Dans les creux s’installent mousses et lichens, et le gel de l’hiver élargit chaque année le vide. Sur certains murs, ce sont au contraire des joints ciment durs et saillants qui se fissurent, pendant que la brique ou la pierre autour s’écaille : le joint a tenu, le matériau a cédé.
D’où viennent les joints dégradés ?
Le joint est la partie sacrificielle d’un mur : il est fait pour s’user à la place de la brique ou de la pierre, et pour être refait. Un mortier de chaux du XIXe siècle qui se creuse après un siècle de pluie a simplement accompli son rôle. Trois facteurs accélèrent l’usure : le ruissellement concentré par une gouttière ou un appui, le gel de l’eau retenue dans les joints, et la végétation qui s’y enracine.
Le vrai désordre apparaît quand un rejointoiement ancien a été fait au ciment sur un matériau tendre : brique normande, calcaire, grison. Le joint, plus dur et plus étanche que la pierre, retient l’humidité dans celle-ci et la fait éclater au gel. Là, ce n’est plus le joint qui est dégradé, c’est le mur autour, et la reprise demande plus de soin.
Est-ce grave ?
Modérément, mais avec une pente : des joints creusés laissent l’eau entrer au cœur du mur, où elle gèle, dégrade la brique et finit par humidifier l’intérieur. Repris à temps, c’est un rejointoiement ; attendus trop longtemps, c’est une reprise de maçonnerie.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Rejointoyer au ciment une brique ou une pierre tendre : le joint tiendra, le matériau éclatera.
- Lisser le joint au ras du parement là où le mur avait des joints en creux ou beurrés : l’eau ne s’évacue plus de la même façon et l’aspect historique est perdu.
- Nettoyer au jet haute pression avant de rejointoyer : on vide les joints restants et l’on noie le mur.
- Enduire ou peindre un mur de brique ou de pierre aux joints ouverts : l’eau reste piégée derrière.
Ce que nous faisons
Après un nettoyage doux, nous dégarnissons les joints dégradés sur une profondeur suffisante, sans blesser les arêtes des briques ou des pierres, puis nous rejointoyons avec un mortier adapté au matériau : chaux hydraulique naturelle, sable local et teinte assortie aux joints d’origine, finition beurrée, en creux ou à pierre vue selon ce que le mur portait. C’est notre prestation de rejointoiement. Un hydrofuge incolore, appliqué après séchage, protège ensuite sans masquer le matériau. Quand les joints ne sont qu’un des désordres d’une façade enduite par ailleurs, le rejointoiement s’intègre à un ravalement complet.
Sur un mur où un ancien joint ciment a fait éclater la brique, nous le disons : la reprise sera plus longue, et nous la chiffrons poste par poste.
Dans l’Eure
La brique et le silex sont le visage de l’Eure : maisons de ville en brique de Louviers, de Vernon et d’Évreux, appareillages de silex et de calcaire du Vexin et de la vallée de Seine, grison du sud du département, murs de clôture et dépendances des fermes du Neubourg et du pays d’Ouche. Presque tous ont des joints de chaux centenaires arrivés en fin de vie, et beaucoup ont subi un rejointoiement au ciment dans les années 1960-1980 dont on voit aujourd’hui les dégâts. Le climat humide et les gels répétés font le reste. Notre guide sur les façades en silex, brique et meulière détaille les règles de l’art propres à chaque matériau.
Euréa Façades est une entreprise familiale de ravalement et de nettoyage de façade basée à Angerville-la-Campagne, aux portes d’Évreux (Eure). Ce qui est décrit ici est la cause la plus probable : elle se confirme sur place, jamais sur photo.
Questions fréquentes
Joints dégradés : vos questions
Faut-il refaire tous les joints ou seulement les plus abîmés ?
Un rejointoiement se fait le plus souvent sur une façade ou un pan entier, pour une tenue et une teinte homogènes. Quand seule une zone est atteinte, un pied de mur ou le pourtour d’une descente, une reprise locale est possible, avec un mortier assorti aux joints voisins.
Pourquoi la chaux plutôt que le ciment ?
Parce que le joint doit être plus tendre que la brique ou la pierre qu’il entoure. Un joint ciment, trop dur et trop étanche, bloque l’humidité dans le matériau et le fait éclater au gel. Un joint à la chaux respire, se sacrifie à la place de la pierre et se refait sans dégât.
Peut-on peindre un mur de brique dont les joints sont dégradés ?
Non. La peinture masque sans réparer et piège l’eau dans les joints ouverts. Sur la brique et la pierre, on ne peint pas : on nettoie, on rejointoie, et l’on protège par un hydrofuge incolore qui garde le matériau apparent.
Autres désordres
Votre façade montre autre chose ?
- Gravité élevée Décollement d’enduit Plaques d’enduit qui sonnent creux quand on les tapote, puis se soulèvent ou tombent
- Gravité modérée Cloquage Bulles de quelques millimètres à plusieurs centimètres qui soulèvent la peinture ou la peau de l’enduit
- Gravité élevée Enduit qui s’effrite Du sable ou des grains tombent quand on frotte l’enduit avec la main ou une brosse
- Gravité modérée Faïençage Fines craquelures qui dessinent un quadrillage ou des mailles, visibles surtout de près ou après la pluie
Votre projet
Un désordre repéré ? Faites-le confirmer gratuitement sur place.
Diagnostic gratuit et sans engagement, conseils d’experts et déplacement sur toute l’Eure.