Mantes-la-Ville ne se lit pas sur une carte plate : elle se lit en coupe. En bas, la Vaucouleurs — ce petit affluent de la Seine qui a fait tourner des moulins pendant des siècles — traverse un fond de vallée resté frais et humide. Les constructions qui l’accompagnent, anciennes dépendances de moulins, maisons de vallée, murs en moellon et meulière, vivent avec une nappe proche : pieds de murs marqués par l’humidité, faces à l’ombre qui verdissent, enduits étanches posés de bonne foi qui ont aggravé ce qu’ils voulaient cacher.
Sur les coteaux, c’est une autre ville : celle des pavillons. Selon l’INSEE (2023), la tranche 1971-1990 est la plus représentée du parc avec 34 % des résidences principales — des lotissements entiers montés en parpaing et enduit monocouche pendant que la couronne mantaise absorbait la croissance francilienne. Ces enduits ont aujourd’hui entre trente-cinq et cinquante ans : farinage, microfissures et teintes passées y reviennent de rue en rue, exactement au stade où un ravalement bien mené coûte encore un prix de rafraîchissement.
Enfin, vers le nord et la gare, Mantes-la-Ville touche le tissu urbain de Mantes-la-Jolie : petits collectifs, copropriétés des années 1960-1970 comme aux Merisiers, maisons de ville alignées. Là, le ravalement change de nature — diagnostic des bétons, joints de dilatation, décisions en assemblée générale — et se rapproche de ce que nous pratiquons dans les grands ensembles.
Trois étages de ville, trois métiers de façadier. Notre premier travail à Mantes-la-Ville est de situer votre maison dans cette coupe : fond de vallée, coteau ou frange urbaine — le traitement juste en découle.
Ce que l’histoire a laissé sur les murs
Avant d’être une commune résidentielle, Mantes-la-Ville fut un village de vallée : la Vaucouleurs y alignait ses moulins — à blé, puis à papier et à industrie — et le bâti se concentrait autour de l’église et des chemins de fond de vallée, en moellon, meulière et brique. L’arrivée du chemin de fer à Mantes au XIXe siècle a amorcé la mutation : ateliers, maisons ouvrières et de cheminots ont gagné les abords de la gare, en limite nord de la commune.
La vraie bascule date des décennies 1960-1990 : la croissance de l’ouest francilien a couvert les coteaux de lotissements pavillonnaires et posé les ensembles collectifs du secteur des Merisiers. En une génération, le village de vallée est devenu une ville de 22 000 habitants — et son parc, aujourd’hui, vieillit par strates entières : c’est toute une génération d’enduits qui arrive ensemble à l’âge du ravalement.