On ne décrit pas Mantes-la-Jolie avec un seul mot : il en faut trois. Le premier est la pierre — celle du centre ancien, resserré entre la Seine et la colline autour de la collégiale Notre-Dame : rues commerçantes, immeubles de bourg en calcaire et brique, appuis moulurés, quelques façades anciennes rescapées des destructions de la guerre. Le deuxième est la meulière : Gassicourt, ancienne commune rattachée à Mantes en 1930, et Les Martraits alignent les pavillons de banlieue-jardin du début du XXe siècle, cette pierre caverneuse rousse qui fait l’identité du Mantois — un matériau superbe tant qu’on ne le peint pas, capricieux dès qu’on l’a enfermé sous un film. Le troisième est le béton : à partir des années 1960, Le Val Fourré a fait de Mantes l’un des plus grands ensembles d’habitat collectif d’Europe — tours et barres aujourd’hui engagées dans un long renouvellement urbain, démolitions et réhabilitations comprises.
Les chiffres disent cette structure mieux qu’un discours : selon l’INSEE (2023), 16,7 % seulement des logements mantais sont des maisons, et moins d’un tiers des résidences principales sont occupées par leur propriétaire. Autrement dit, la façade mantaise type appartient à une copropriété ou à un bailleur — et son ravalement se décide en assemblée générale, se budgète en appels de fonds et se pilote face à un syndic. C’est un métier en soi, et c’est le nôtre.
Les particuliers ne sont pas oubliés : pour les pavillons du Mantois, nos pages voisines — Magnanville, Rosny-sur-Seine, Bonnières-sur-Seine — détaillent ce parc résidentiel. À Mantes même, la meulière de Gassicourt reste notre sujet favori : peu d’artisans savent encore la traiter sans la dénaturer.
Ce que l’histoire a laissé sur les murs
Mantes est une ville-frontière depuis le Moyen Âge : place forte de la Seine entre domaine royal et Normandie, incendiée en 1087 lors du siège de Guillaume le Conquérant, elle s’est reconstruite autour de sa collégiale Notre-Dame, dont la silhouette gothique domine toujours le fleuve. De cette longue histoire, le centre garde son tracé et quelques témoins — la tour Saint-Maclou, des caves et des façades anciennes — car les bombardements de 1944, qui visaient les ponts, ont durement frappé les abords de la Seine, reconstruits ensuite en brique et béton.
Le XXe siècle a écrit deux chapitres décisifs : l’annexion de Gassicourt en 1930, qui a apporté à la ville ses quartiers de meulière nés avec le chemin de fer, puis l’épopée du Val Fourré, sorti de terre dans les années 1960-1970 pour loger l’essor industriel de la vallée. Depuis les années 2000, le renouvellement urbain refaçonne ce dernier parc — un chantier permanent dont les façades sont l’un des premiers visages.