Chercher « le bâti de Damville », c’est déjà se tromper d’échelle. Depuis les fusions de 2016 et 2019, la commune s’appelle Mesnils-sur-Iton et rassemble neuf bourgs — Damville en chef-lieu, puis Condé-sur-Iton, Gouville, Manthelon, Le Sacq, Le Roncenay-Authenay, Buis-sur-Damville, Grandvilliers et Roman — plus une constellation de hameaux et de fermes isolées. Sur ce territoire, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 89,9 % des logements sont des maisons (INSEE, 2023) et près d’un quart des résidences principales datent d’avant 1919.
Le cœur du parc, c’est donc le bâti rural de plateau et de vallée : longères basses en silex appareillé, murs de torchis sur ossature bois, briquettes de réemploi, corps de ferme à cour carrée dont les granges font parfois deux fois la surface de l’habitation. Beaucoup de ces murs ont été montés à même le sol, sans soubassement ni coupure de capillarité — une constante locale qui commande toute la stratégie de façade : traiter l’eau d’abord, l’aspect ensuite.
Le bourg de Damville apporte une seconde famille : maisons de bourg alignées sur rue, façades de brique du XIXe, commerces à rez-de-chaussée, quelques demeures plus bourgeoises. Un bâti plus urbain, mais tout aussi ancien, dont les joints et corniches demandent une main de maçon plutôt qu’un rouleau de peintre.
Enfin, autour du bourg et le long des routes d’Évreux et de Verneuil, les décennies 1970 à 2000 ont ajouté leurs pavillons enduits — la typologie que nous retrouvons partout dans le département, avec ses monocouches qui farinent et faïencent à l’approche de la cinquantaine.
Trois bâtis très différents, dispersés sur un vaste territoire : notre façon d’y répondre est d’assumer la géographie. Le diagnostic se fait là où est le mur — à Roman comme à Gouville — et le même interlocuteur suit le chantier d’un bout à l’autre, quel que soit le hameau.
Ce que l’histoire a laissé sur les murs
Damville s’est construite en bourg-marché de la vallée de l’Iton, sur la route d’Évreux à Verneuil : maisons de bourg serrées sur rue, brique et enduits, ateliers et commerces au rez-de-chaussée. Autour, chaque village a gardé la logique agricole du plateau : fermes à cour, longères d’ouvriers agricoles, murs de clôture en silex qui font partie du paysage autant que les façades.
La nouveauté n’est pas dans les murs, elle est dans la carte : en 2016, Damville, Condé-sur-Iton, Gouville, Manthelon, Le Sacq et Le Roncenay-Authenay fusionnent en une commune nouvelle, rejointe en 2019 par Buis-sur-Damville, Grandvilliers et Roman. Mesnils-sur-Iton est née ainsi — un nom administratif récent posé sur un bâti souvent bicentenaire. Pour le propriétaire, cela change une chose très concrète : la mairie, le règlement d’urbanisme et les démarches sont désormais communs, alors que les murs, eux, restent ceux de chaque village.