Bâti ancien

Enduit à la chaux : NHL 2, 3,5 ou 5, laquelle pour votre façade ?

Publié le · 9 min de lecture
Photo d’illustration : application d’un enduit à la chaux sur une façade ancienne

Dire « on va mettre de la chaux » ne suffit pas. Il y a plusieurs chaux, et le mauvais choix fait presque autant de dégâts qu’un ciment. Euréa Façades est une entreprise familiale de ravalement et de nettoyage de façade basée à Angerville-la-Campagne, aux portes d’Évreux (Eure), et le choix de la chaux est la première question que nous posons devant une façade ancienne.

La règle est simple : l’enduit doit être plus tendre que son support. Chaux aérienne ou NHL 2 sur torchis, pierre tendre et brique de pays ; NHL 3,5 sur la plupart des maçonneries de moellons et de brique ; NHL 5 réservée aux soubassements et aux parties très exposées. Voici ce que cachent ces chiffres et comment on les met en œuvre.

Que veulent dire chaux aérienne, NHL 2, NHL 3,5 et NHL 5 ?

Ce sont les classes normalisées des chaux de construction : CL pour la chaux aérienne, NHL suivi d’un chiffre pour la chaux hydraulique naturelle, le chiffre étant sa résistance minimale à 28 jours en mégapascals.

La chaux aérienne (CL 90 le plus souvent) est obtenue à partir d’un calcaire pur. Elle ne durcit qu’au contact du gaz carbonique de l’air, très lentement ; elle reste souple et très perméable à la vapeur d’eau. C’est la chaux des finitions fines, des badigeons et des enduits sur supports très tendres.

La chaux hydraulique naturelle (NHL) vient d’un calcaire argileux. Elle fait une première prise avec l’eau, puis carbonate à l’air. NHL 2 est la plus tendre et la plus perméable, NHL 3,5 la plus polyvalente, NHL 5 la plus dure et la plus résistante à l’eau. Attention aux produits portant d’autres sigles (HL, FL) : ce sont des chaux formulées avec des ajouts, qui se comportent parfois comme des liants bien plus rigides.

Pour comprendre pourquoi cette souplesse compte tant, le guide chaux ou ciment sur une façade ancienne compare les deux liants.

Quelle chaux pour quel support dans l’Eure ?

Chaux aérienne ou NHL 2 sur torchis, craie et brique tendre ; NHL 3,5 sur moellons de calcaire, silex hourdé et brique cuite ; NHL 5 sur les soubassements et les murs très exposés à la pluie.

Sur les colombages et leur torchis, la chaux aérienne ou une NHL 2 est la seule option : tout ce qui est plus dur casse le hourdis. Sur la pierre calcaire tendre et la craie, même règle. Sur les murs de moellons calcaire et silex du Vexin et des coteaux, la NHL 3,5 donne un corps d’enduit solide et encore perméable ; c’est aussi le choix pour rejointoyer une brique ou une meulière. La NHL 5 ne sert qu’en soubassement, là où l’eau de pluie rejaillit, et encore sur une maçonnerie dure.

Sur le grison du sud de l’Eure, pierre ferrugineuse dure mais irrégulière, la NHL 3,5 convient au corps et une chaux plus tendre à la finition. Chaque page ville indique le bâti dominant de la commune.

Quels sont les dosages types d’un enduit à la chaux ?

Un enduit se fait en trois couches de plus en plus tendres : un gobetis d’accrochage dosé riche en chaux, un corps d’enduit dosé autour d’un volume de chaux pour deux à trois volumes de sable, une finition plus maigre et plus fine.

Les ordres de grandeur du métier sont les suivants, à adapter au sable local et au support : gobetis en NHL 3,5 ou 5 dosé fort et projeté en couche mince pour accrocher ; corps d’enduit en NHL 3,5 ou NHL 2 dosé à un volume de chaux pour deux à deux volumes et demi de sable, en 10 à 15 mm ; finition en NHL 2 ou chaux aérienne dosée à un volume pour trois, en quelques millimètres, talochée, grattée ou lissée selon le rendu. La règle du « de plus en plus tendre vers l’extérieur » est ce qui permet à l’enduit de travailler sans se décoller.

Le sable compte autant que la chaux : un sable de carrière lavé, à grains variés, donne un enduit qui ne fissure pas ; un sable fin et uniforme fissure. La teinte vient du sable et de pigments minéraux, jamais d’une peinture appliquée après, sous peine de perdre la perméabilité. Le guide choisir sa finition d’enduit décrit les rendus, et la page crépi ou enduit le vocabulaire.

Comment s’applique et sèche un enduit à la chaux ?

Sur un support propre, dépoussiéré et humidifié la veille, par couches minces espacées de plusieurs jours, entre 5 et 25 °C, à l’abri du gel, du soleil direct et de la pluie battante.

Le séchage est le point que les clients sous-estiment. Une NHL 3,5 durcit en surface en quelques jours, mais sa carbonatation complète prend des mois. Pendant les premières semaines, l’enduit est fragile : une gelée nocturne le fait farineux, un soleil de plomb le fait fissurer par retrait trop rapide, une averse le lessive. C’est pourquoi nous programmons les enduits à la chaux d’avril à octobre et que nous bâchons l’échafaudage ; le guide peut-on ravaler en hiver détaille ces fenêtres météo, et combien de temps dure un ravalement les délais à prévoir.

Les défauts d’un enduit mal séché se reconnaissent vite : farinage quand la chaux n’a pas carbonaté, microfissures de retrait quand il a séché trop vite, décollement quand le gobetis a été négligé.

Quelles erreurs voit-on le plus souvent avec la chaux ?

Une chaux trop dure pour le support, un enduit peint ensuite avec un film étanche, un dosage improvisé au ciment « pour que ça tienne », et un séchage brusqué.

La première erreur est de prendre une NHL 5 « parce que c’est plus solide » sur un torchis ou une craie : l’enduit plus dur que le mur arrache le support en se rétractant. La deuxième est de repeindre un bel enduit de chaux avec une peinture acrylique : on perd tout le bénéfice de la perméabilité, comme l’explique le guide peinture de façade. La troisième est l’ajout de ciment pour accélérer la prise. La quatrième est de travailler en novembre ou en plein juillet sans protection.

Un ravalement complet avec enduit à la chaux se situe en 2026 entre 50 et 100 €/m² sur support préparé, et entre 80 et 130 €/m² avec réparations importantes ou piquage total, échafaudage inclus dans nos devis ; le guide des prix au m² et la prestation enduit et crépi donnent le détail. Le choix exact de la chaux se décide sur place, après avoir sondé le support.

En résumé

  • NHL 2, 3,5 et 5 désignent la résistance de la chaux hydraulique naturelle : plus le chiffre est bas, plus l’enduit est souple et respirant ; la chaux aérienne est la plus tendre de toutes.
  • Règle du support : chaux aérienne ou NHL 2 sur torchis, craie et brique tendre ; NHL 3,5 sur moellons et brique cuite ; NHL 5 en soubassement exposé seulement.
  • Trois couches de plus en plus tendres, séchage lent entre 5 et 25 °C hors gel ; ordre de prix 2026 : 50 à 100 €/m² pour un enduit complet, 80 à 130 €/m² avec réparations, à confirmer sur place.

Questions fréquentes

Que signifie NHL 2, 3,5 ou 5 ?

NHL veut dire chaux hydraulique naturelle ; le chiffre est la résistance minimale en compression à 28 jours, en mégapascals. Plus il est bas, plus le mortier est souple, perméable et lent à durcir : NHL 2 pour les supports tendres, NHL 3,5 pour la plupart des maçonneries anciennes, NHL 5 pour les soubassements très exposés.

Chaux aérienne ou chaux hydraulique ?

La chaux aérienne (CL) durcit à l’air, très lentement, et donne l’enduit le plus souple et le plus respirant : idéale sur torchis et pierre tendre, en finition. La chaux hydraulique naturelle durcit aussi avec l’eau, plus vite, et supporte mieux l’exposition : c’est le choix courant du corps d’enduit.

Peut-on mélanger chaux et ciment ?

Un enduit « bâtard » chaux-ciment a été très utilisé ; il est plus rigide et moins perméable qu’un enduit de chaux pure. Sur le bâti ancien de l’Eure, nous l’évitons : il se comporte comme un ciment faible.

Combien de temps sèche un enduit à la chaux ?

Plusieurs semaines pour durcir en surface, plusieurs mois pour carbonater en profondeur. Il s’applique entre 5 et 25 °C, hors gel et hors plein soleil, et se protège de la pluie battante les premiers jours.

Sources

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