Crépi ou enduit de façade : quelle différence, et lequel choisir ?
« On voudrait refaire le crépi. » C’est, mot pour mot, la demande la plus fréquente que nous recevons. Et la première chose que nous faisons, c’est demander ce qu’il y a dessous, parce que derrière ce mot simple se cachent des produits très différents, qui ne conviennent pas aux mêmes murs. Euréa Façades est une entreprise familiale de ravalement et de nettoyage de façade basée à Angerville-la-Campagne, aux portes d’Évreux (Eure), et nous passons une partie de chaque diagnostic à traduire le vocabulaire.
Crépi et enduit désignent la même chose, une couche de mortier qui protège et habille le mur ; la vraie question n’est pas le mot mais le type d’enduit (monocouche, traditionnel ou à la chaux) et sa finition, qui doivent correspondre au support. Ce guide met les deux vocabulaires côte à côte.
Crépi, enduit, ravalement : qui désigne quoi ?
Le crépi est le nom courant de l’enduit de façade ; l’enduit est le terme technique ; le ravalement est l’opération complète de remise en état de la façade, dont l’enduit n’est qu’une étape.
Historiquement, le crépi désignait une finition précise : un enduit projeté à la truelle ou à la tyrolienne, laissé brut, avec un relief marqué. Par extension, il est devenu le mot de tout le monde pour toute façade enduite. Quand un propriétaire dit « mon crépi s’effrite », il parle en réalité de son enduit, quelle que soit sa finition.
L’enduit est le mortier appliqué sur la maçonnerie pour la protéger de la pluie, l’uniformiser et lui donner son aspect. Il se compose d’un liant (ciment, chaux, ou les deux), de sable et d’adjuvants. C’est le terme que vous trouverez sur les devis et les fiches techniques.
Le ravalement englobe tout : nettoyage, réparations, traitement des fissures, enduit ou peinture, protection. Notre page ravalement de façade décrit l’ensemble ; l’enduit en est le poste principal quand la façade est refaite entièrement.
Quels sont les grands types d’enduit de façade ?
On distingue trois familles : l’enduit monocouche, l’enduit traditionnel en plusieurs couches, et l’enduit à la chaux naturelle. Chacune correspond à un type de mur et à une époque de construction.
L’enduit monocouche est un mortier industriel prêt à l’emploi, à base de ciment et de chaux, teinté dans la masse, appliqué en une passe épaisse par projection mécanique. Il a équipé l’immense majorité des pavillons construits depuis les années 1970 dans l’Eure. Rapide, économique, régulier, il est parfaitement adapté aux maçonneries de parpaing ou de brique creuse. Sa limite : il vieillit par farinage, faïençage ou cloquage quand le support bouge ou quand la pose a été faite trop vite. Le guide farinage, faïençage, cloquage : diagnostiquer un enduit des années 1970-1990 détaille ces signes.
L’enduit traditionnel se pose en deux ou trois couches successives : un gobetis d’accrochage, un corps d’enduit qui donne la planéité et l’épaisseur, puis une couche de finition. C’est le savoir-faire de référence, plus long, plus coûteux, mais qui permet d’adapter chaque couche au support et d’obtenir des rendus que le monocouche ne sait pas faire.
L’enduit à la chaux naturelle est un enduit traditionnel dont le liant est une chaux aérienne ou hydraulique naturelle, sans ciment. Il est souple, perspirant, et c’est le seul qui convienne à la pierre, à la brique ancienne, au silex et au pan de bois. Nous y consacrons l’article chaux ou ciment sur une façade ancienne : pourquoi le mauvais choix détruit le mur.
Quelles finitions peut-on donner à un enduit ?
Les finitions courantes sont le gratté, le taloché, le ribbé, le projeté (le crépi au sens strict), le lissé et le roulé ; elles changent l’aspect, l’entretien et parfois le prix.
Le gratté est le plus répandu sur le pavillonnaire : une surface fine, légèrement granuleuse, obtenue en grattant l’enduit après un début de prise. Il salit peu et se nettoie bien.
Le taloché est plus lisse, passé à la taloche, avec de légères traces circulaires. Il donne un rendu contemporain mais marque davantage les défauts de planéité.
Le ribbé a une texture rayée obtenue avec une taloche à clous ; on le voit sur beaucoup de maisons des années 1980. Il retient un peu plus la saleté.
Le projeté ou tyrolien, c’est le crépi historique : relief prononcé, aspect rustique, très résistant mais plus difficile à nettoyer et à repeindre.
Le lissé et le roulé sont plus rares et demandent une grande maîtrise. Le choix se fait selon le style de la maison, les règles d’urbanisme locales et l’entretien que vous acceptez. L’article taloché, gratté ou ribbé : quelle finition d’enduit choisir compare chaque option, et notre simulateur de façade permet de visualiser le rendu sur votre propre maison.
Quel enduit pour quel mur ?
La règle tient en une phrase : un enduit doit être au moins aussi souple et aussi perspirant que le mur qu’il recouvre.
Sur un parpaing ou une brique creuse récents, le monocouche est le bon choix. Le support est stable, étanche à l’air, et le ciment de l’enduit ne lui pose aucun problème.
Sur une pierre calcaire, un silex, une brique pleine ancienne, un pan de bois ou un torchis, l’enduit à la chaux est obligatoire. Un ciment emprisonne l’humidité dans le mur, qui finit par se dégrader derrière l’enduit, puis l’enduit se décolle en entraînant la peau de la pierre. Les maisons de l’Eure sont concernées au premier chef : à Vernon par exemple, 46,4 % des résidences principales datent d’avant 1970 selon l’INSEE (recensement 2023), et une large part de ce bâti est en matériaux anciens. Notre page façade de maison ancienne regroupe les cas par matériau.
Sur un ancien enduit en bon état, une simple peinture de façade peut suffire, sans refaire l’enduit : c’est souvent le choix le plus économique pour un pavillon dont l’enduit est sain mais terni. L’article peinture de façade : prix, types, durée explique quand peindre et quand enduire.
Combien coûte un crépi ou un enduit de façade en 2026 ?
Pour un ravalement avec enduit complet, nous constatons dans l’Eure entre 50 et 100 €/m² en 2026, et de 80 à 130 €/m² quand la façade demande des réparations importantes au préalable.
Ces fourchettes incluent chez nous l’échafaudage, la protection des abords et l’évacuation des gravats. Le prix monte avec l’état du support (piquage d’un ancien enduit décollé, reprise de fissures), la hauteur, l’accès et le choix d’un enduit traditionnel à la chaux, plus long à poser qu’un monocouche. Pour une maison de 100 à 150 m² de façade, la plupart des chantiers d’enduit complet se situent entre 10 000 et 15 000 €. Le guide des prix au m² 2026 donne trois exemples chiffrés, et la page prix d’un ravalement : ce qui influence le devis explique chaque facteur. Si votre maison a plus de deux ans, la TVA à 10 % s’applique.
Tout cela est détaillé sur notre page enduit de façade et crépi.
Faut-il une autorisation pour refaire son crépi ?
Oui dans la plupart des cas : refaire un enduit modifie l’aspect extérieur et relève d’une déclaration préalable de travaux en mairie, avec avis de l’Architecte des Bâtiments de France dans les secteurs protégés.
Même à l’identique, la mairie peut demander une déclaration ; en changeant de teinte ou de finition, elle est systématique. Certaines communes de l’Eure imposent un nuancier. Nous préparons le dossier avec vous, et l’article ravalement : faut-il une autorisation en mairie détaille les cas, à partir de la fiche officielle Quelle autorisation d’urbanisme pour ravaler ou repeindre une façade ? de Service-Public.
Questions fréquentes
Crépi et enduit, est-ce la même chose ?
Dans le langage courant, oui : le crépi désigne l’enduit de façade, et plus précisément sa finition rustique projetée. Dans le métier, on parle d’enduit, puis on précise son type (monocouche, traditionnel, chaux) et sa finition (gratté, taloché, ribbé, projeté).
Quel est le prix d’un crépi de façade en 2026 ?
Pour un ravalement avec enduit complet, nous constatons dans l’Eure entre 50 et 100 €/m² en 2026, échafaudage inclus, et de 80 à 130 €/m² lorsque la façade demande des réparations importantes avant l’enduit.
Peut-on mettre un enduit monocouche sur une maison ancienne ?
C’est déconseillé sur la pierre, la brique ancienne ou le colombage : un monocouche à base de ciment est trop rigide et trop fermé pour un mur qui a besoin de respirer. On lui préfère un enduit à la chaux naturelle, posé en deux ou trois couches.
Combien de temps dure un enduit de façade ?
Un enduit monocouche bien posé tient 15 à 25 ans avant de nécessiter un rafraîchissement ; un enduit à la chaux correctement entretenu traverse plusieurs décennies. La durée dépend surtout de l’exposition et de l’état du support au moment de la pose.
En résumé
- « Crépi » est le mot courant, « enduit » le mot du métier : les deux désignent la couche de mortier qui protège et habille la façade ; le ravalement est l’opération complète dont l’enduit fait partie.
- Trois familles d’enduit existent : le monocouche (pavillons depuis 1970, support parpaing), le traditionnel en plusieurs couches, et l’enduit à la chaux naturelle, seul adapté à la pierre, à la brique ancienne et au colombage.
- Un enduit complet se situe en 2026 entre 50 et 100 €/m² dans l’Eure, de 80 à 130 €/m² avec réparations importantes ; la finition (gratté, taloché, ribbé, projeté) se choisit selon la maison, l’urbanisme et l’entretien souhaité.
Vous hésitez entre refaire l’enduit et repeindre ? Le diagnostic gratuit sur place tranche en une visite, et vous repartez avec une réponse honnête, même si c’est « votre enduit est encore bon ».
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